12. June 2026

Message du Conseil fédéral : les initiatives de blocage reviennent à une interdiction de fait de l'utilisation de l'éolien

Le Conseil fédéral a adopté aujourd'hui le message concernant les initiatives de blocage de Paysage Libre Suisse. L'analyse de la Confédération montre que la loi sur les forêts protège déjà suffisamment les forêts et que la participation des communes est également garantie. « Le secteur de l'énergie éolienne est lui aussi unanime : les initiatives de blocage n'apportent aucune protection supplémentaire, elles reviennent en réalité à une interdiction de l'éolien en Suisse, mettant ainsi en danger notre approvisionnement énergétique », déclare Lionel Perret, directeur de Suisse Eole. Le Conseil fédéral recommande de rejeter les deux initiatives sans contre-projet.

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Du point de vue de la branche éolienne, les deux initiatives doivent clairement être rejetées. Elles ne servent pas à protéger la nature et la population, mais visent à bloquer l'éolien en Suisse. ©Image : Ökostromgruppe Freiburg/Cinestyle|FPV

Réfléchir à des solutions constructives plutôt que tout bloquer
Du point de vue du secteur de l’énergie éolienne également, les deux initiatives doivent clairement être rejetées. Elles ne servent pas à protéger la nature et la population, mais visent à bloquer l’énergie éolienne en Suisse. Empêcher les projets éoliens de manière générale ne résout aucun problème. Ce qu’il faut, ce sont des solutions constructives permettant de mettre en œuvre des projets de qualité, légitimés démocratiquement et respectueux de la nature, afin de pouvoir garantir la sécurité d’approvisionnement en hiver, renforcer l’indépendance énergétique et lutter contre le changement climatique.

Une alliance fonde une association
Le 10 juin 2026, à Berne, une large alliance regroupant des acteurs du secteur de l’énergie, des associations professionnelles, des défenseurs de l’énergie éolienne et des organisations environnementales a fondé une association ayant pour but de lutter contre les initiatives de blocage. Parmi les membres fondateurs figurent l’Association faîtière de l’économie des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique – aeesuisse, l’Association des entreprises électriques suisses (AES), la Fondation suisse pour l’énergie (SES), Axpo, ainsi que Suisse Eole et ProEole Suisse. L’association est présidée par Fabienne Thomas, codirectrice d’aeesuisse, et Jan Flückiger, responsable des affaires publiques à l’AES.

Des forêts suffisamment protégées
Le message du Conseil fédéral démontre clairement que la loi suisse sur les forêts protège suffisamment les forêts. « L’énergie éolienne est exclue dans les zones forestières les plus précieuses, par exemple dans les biotopes d’importance nationale », explique Lionel Perret. « L’initiative de Paysage Libre Suisse n’apporte absolument aucune protection supplémentaire à la nature ! »

Seulement 0.008 pour cent de la surface forestière suisse
L’énergie éolienne a un rendement exceptionnel en termes de surface utilisée : toute éolienne produisant environ 10 millions de kWh par an n’occupe par exemple qu’un hectare de terrain. Pour les projets en forêt, seule la moitié de la surface concernée est définitivement défrichée. Cette surface sera reboisée ailleurs. « La Confédération a calculé que d’ici 2045, la part de la surface forestière défrichée pour l’énergie éolienne ne devrait représenter que 0,008 % de la surface forestière suisse », précise Lionel Perret. Cependant, l’adoption de l’initiative pour la protection des forêts empêcherait en même temps environ 85 % des éoliennes prévues, notamment en raison de la distance minimale de 150 mètres par rapport à la forêt. « Cela n’a rien à voir avec la protection des forêts, il s’agit d’une stricte politique d’empêchement », ajoute Olivier Waldvogel.

Les communes sont suffisamment impliquées
Si l’initiative pour la protection des communes était adoptée, un droit de veto pour la commune d’implantation et les communes environnantes serait inscrit dans la Constitution fédérale. « Un tel droit de veto n’existe pour aucune autre infrastructure et a uniquement pour but de mettre un terme au développement de l’énergie éolienne en Suisse », souligne Lionel Perret. De plus, la participation des communes n’a délibérément pas été limitée dans le cadre du décret d’accélération, qui est entré en vigueur au mois d’avril. Les communes disposent donc déjà de possibilités d’influence substantielles.

L’Alliance-Environnement dit également non
« Tous les membres de l’Alliance-Environnement, à savoir BirdLife Suisse, Greenpeace Suisse, Pro Natura, SES, ATE et WWF Suisse, s’opposent également à l’initiative pour la protection des forêts et à l’initiative pour la protection des communes », rappelle Lionel Perret. Eux aussi font valoir le fait que ces deux initiatives populaires limitent fortement le développement de l’énergie éolienne dans le respect de la nature et compromettent ainsi les objectifs climatiques et énergétiques de la Suisse.

Une grande insécurité juridique
Par le biais des clauses de rétroactivité respectives, les deux initiatives populaires exigent en outre que toutes les éoliennes construites après le 1er mai 2024 et n’étant pas conformes aux nouvelles dispositions soient démontées aux frais de leurs constructeurs. Cela constituerait une atteinte très grave au droit fondamental de la liberté de propriété, garanti par la Constitution, entraînerait une grande insécurité juridique et, surtout, compromettrait la sécurité d’approvisionnement.

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