23. novembre 2022

Infrasons : l'Office fédéral de l’environnement rejette catégoriquement une étude du lobby anti-éolien Paysage Libre

En septembre 2020, le lobby anti-éolien Paysage Libre Suisse, constitué de quelques particuliers opposés à la transition énergétique, faisait les titres de la presse avec une étude intitulée « Intensité des infrasons émis par les éoliennes et sa dépendance du sous-sol et d’effets résonants dans les constructions » réalisée par Bernard Jeanneret, physicien à la retraite. L’Office fédérale de l’environnement (OFEV) constate que les niveaux sonores publiés dans l'étude étaient surévalués de 46 dB : l’étude s’appuyait sur des données d’ordres de grandeur physiquement impossibles.

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Les niveaux sonores publiés dans l'étude étaient surévalués de 46 dB. Si les vibrations étaient aussi fortes que le décrit l’étude Jeanneret, elles feraient tomber les éoliennes. Image : Ruppert Käppeli

Sur la base de leur étude, le lobby anti-éolien est allé jusqu’à demander un moratoire sur l’énergie éolienne en invoquant le fait que la Confédération ignorait le danger des infrasons transmis par le sous-sol. L’l’association a interpelé le conseiller national Jean-Pierre Grin et demandé à ce que les nouveaux éléments de cette étude soient incorporés dans le cadre législatif. Cette demande – catastrophique pour notre approvisionnement énergétique – a été largement relayée dans les médias.

L’OFEV balaye catégoriquement les théories
L’Office fédéral de l’environnement (OFEV) a mandaté des experts pour analyser les affirmations de cette étude. Dans son rapport de 2022 intitulé « Erschütterungsausbreitung in der Umgebung des Windkraftwerks » (propagation des vibrations dans l’environnement de l’éolienne), l’OFEV balaye catégoriquement les théories erronées de cette étude.

Cette analyse repose sur un groupe d’experts et sur des mesures effectuées dans le parc éolien de Saint-Brais, dans le canton du Jura. Les résultats sont limpides:

  1. Les mécanismes décrits dans l’étude relayée par Paysage Libre n’ont pas d’effet sur les vibrations. L’augmentation de l’amplitude des vibrations postulée dans le rapport n’a pas pu être constatée ; au contraire, une diminution continue a été mesurée, comme on peut s’y attendre en théorie.
  2. De plus, les vibrations et infrasons incriminés sont inexistants ou trop faibles pour pouvoir générer des émissions susceptibles d’entraîner des effets nocifs sur la santé des riverains de parcs éoliens.

Le rapport de Paysage Libre Suisse s’appuyait en grande partie sur des données tout simplement fausses. Les principales données de base de l’étude de M. Jeanneret étaient issues d’une publication de l’Institut fédéral allemand des géosciences (BGR). Un correctif du BGR avait pourtant indiqué que ces données étaient affectées par une erreur dans une conversion d’unités de 36 dB. En plus de cette importante correction, le rapport de l’OFEV démontre qu’une autre correction de 10 DB doit être faite.

Physiquement impossible
Ainsi, les niveaux sonores publiés dans l’étude étaient surévalués de 46 dB. Si les vibrations étaient aussi fortes que le décrit l’étude Jeanneret, elles feraient tomber les éoliennes. En effet, 46 dB de plus, cela signifie 40’000 fois plus de puissance sonore, soit des ordres de grandeur physiquement impossibles qui étaient pourtant au cœur des affirmations de Paysage Libre Suisse.

Débat démocratique et études sérieuses
Le débat démocratique mérite des études sérieuses et une approche politique et médiatique prudente face à des affirmations non vérifiées. La transition énergétique mérite un débat objectif et constructif. Malgré son nom, Paysage Libre Suisse n’est pas une association agréée pour la protection de l’environnement. Son but est de combattre toutes les constructions d’éoliennes, comme on peut le lire dans son manifeste de mars 2018 : « Paysage Libre Suisse n’a pas connaissance d’emplacements dans notre pays où les avantages des grandes éoliennes industrielles l’emporteraient sur les inconvénients. » Pourtant, cette association bloque aujourd’hui en Suisse la majorité des projets éoliens avec des arguments erronés, comme ceux de cette étude, qui sont rejetés par les tribunaux après des procédures sans fin.

Le lobby anti-solaire et anti-éolien
Ces derniers jours, le président de cette association dogmatique contre la transition énergétique s’est aussi attaquée à la loi d’accélération de l’énergie solaire. Il est urgent de trouver en Suisse des solutions pour qu’une poignée de citoyens s’appuyant sur de fausses études ne retarde pas encore davantage notre transition énergétique en semant le doute et la discorde au sein de la population, des médias et même du parlement. Suisse Eole rappelle que les associations agréées de l’environnement, regroupées dans l’Alliance Environnement, exigent au contraire un déploiement massif du solaire et de l’éolien afin de mener à bien la transition énergétique et climatique qui s’avère incontournable.