18. December 2024

Droit de recours : Paysage Libre Suisse torpille la production d’énergie hivernale

Ce qui se profilait depuis quelque temps à l’horizon est malheureusement – du point de vue de Suisse Eole – devenu réalité : Paysage Libre Suisse a obtenu le droit de recours au niveau national. L’association Paysage Libre Suisse peut donc désormais officiellement être considérée comme une organisation de protection de la nature. Pour la filière éolienne, cette association est cependant une organisation dont le seul but est de faire barrage à l’énergie éolienne en Suisse et qui bloque donc systématiquement les projets éoliens en faisant opposition, en formant des recours et en créant un climat négatif, comme cela a été le cas lors de nombreux projets concrets. C’est d’ailleurs l’image que les médias en donnent.

OW

Olivier Waldvogel: "Du point de vue de l’utilisation de l’énergie éolienne en Suisse, l’association a déjà fait beaucoup de dégâts. Avec le droit de recours au niveau national, on lui accorde désormais un autre instrument lui permettant de faire barrage à l’énergie éolienne."

Les documents consultables de l’association Paysage Libre Suisse montrent clairement que son action est unilatéralement dirigée à l’encontre d’une seule technologie : l’énergie éolienne. Cette lutte contre l’énergie éolienne se traduit également par la participation déterminante de l’association Paysage Libre Suisse au référendum contre la loi pour l’électricité (acte modificateur unique) et par le lancement récent de deux initiatives populaires exclusivement dirigées contre l’énergie éolienne.

Le droit de recours en lui-même est affaibli
Du point de vue de l’utilisation de l’énergie éolienne en Suisse, l’association a déjà fait beaucoup de dégâts. Avec le droit de recours au niveau national, on lui accorde désormais un autre instrument lui permettant de faire barrage à l’énergie éolienne – son objectif premier. Cette décision va non seulement fortement compromettre l’atteinte des objectifs de la politique énergétique et climatique, auxquels la population s’est montrée favorable à plusieurs reprises, mais aussi discréditer le travail des autres organisations légitimes de protection de l’environnement, tout en portant gravement préjudice à l’instrument du droit de recours.

Pour Suisse Eole, les dispositions et les exigences légales requises pour le maintien du droit de recours des organisations sont trop floues et confuses. En résumé, il suffit qu’une association formule ses statuts au sens de la protection de la nature et qu’elle existe depuis au moins dix ans. Le fait que l’association agisse ou non conformément à ses statuts n’est ni contrôlé, ni remis en cause. L’admission de Paysage Libre Suisse montre donc très bien que les dispositions actuellement en vigueur ne permettent malheureusement pas d’empêcher un abus manifeste du droit de recours des organisations.

L’énergie éolienne a un potentiel gigantesque
La Suisse n’est pas un pays adapté à l’énergie solaire : il y a à peine dix ans, cet argument suscitait encore de nombreux débats, y compris au Parlement. Nombreux étaient ceux qui y croyaient, ce qui explique pourquoi la Suisse est longtemps restée loin derrière ses voisins pour ce qui est de l’utilisation de l’énergie solaire. Cette histoire se répète avec le droit de recours de l’association Paysage Libre Suisse car son slogan est le suivant : la Suisse n’est pas un pays venteux. Cette affirmation est fausse, comme le confirme l’étude du potentiel éolien réalisée en 2022 par l’Office fédéral de l’Énergie (OFEN) : elle indique un potentiel de près de 30 TWh.

Avec une durée de planification et d’autorisation de 20 à 30 ans, la Suisse a les plus longues procédures du monde entier. Et le retard pris par rapport à ses voisins est considérable : l’énergie éolienne couvre déjà 20 pour cent de la consommation d’électricité en Europe et elle est, avec l’énergie solaire, la source d’énergie enregistrant la croissance la plus rapide depuis plus de dix ans. En 2023, 20 pays couvraient chacun plus de dix pour cent de leur consommation d’électricité avec l’énergie éolienne. En Suisse, ce chiffre se situe en dessous des un pour cent. La question de la sécurité d’approvisionnement ne se résoudra pas en privilégiant soit le solaire local, soit l’hydraulique locale, soit l’éolien local.

Nous avons besoin d’un mix d’électricité intelligent regroupant toutes les énergies renouvelables. En raison de sa production élevée en hiver, l’énergie éolienne est incontournable. En combinant l’hydraulique, le solaire et l’éolien, nous pouvons réduire nos importations d’énergie et couvrir nous-mêmes nos besoins en énergie indigène et exempte de CO2. En procédant ainsi, nous renforçons également notre autonomie.

Olivier Waldvogel, responsable Suisse alémanique de Suisse Eole